Les relations aujourd'hui

Le temps des multinationales

La prospérité de la Suède repose sur les grandes entreprises, nées, au début de l'industrialisation, d'inventions faites par des ingénieurs suédois et qui ont progressivement conquis le monde : les roulements à billes de SKF, le téléphone d'Ericsson, le courant triphasé d'Asea, devenu ABB, l'écrémeuse d'Alfa Laval, le phare à acétylène d'AGA, le réfrigérateur à absorption d'Electrolux et, plus près de nous, les emballages pour boissons de Tetra Pak ou la géniale stratégie de commercialisation d'IKEA. Toutes ces sociétés sont aujourd'hui présentes dans 120 à 130 pays et investissent davantage à l'étranger qu'en Suède.

La grande force de ces inventeurs est d'avoir créé très vite des filiales à l'étranger. La première société à s'implanter en France a été Alfa Laval en 1907, suivie de près par Electrolux, la même année, puis par SKF, dont le fondateur, Sven Winquist, créa la même année sa société à Göteborg et ses deux premières filiales, en Allemagne et en France. Suivent ensuite Ericsson en 1911, Aga en 1913, Asea (devenu ABB en 1987) en 1921, Volvo en 1922, Sandvik en 1923, Fläkt (ventilateurs, aujourd'hui dans le groupe ABB) en 1936, Atlas Copco en 1947,Flygt (pompes submersibles) en 1960.

Les investissements se sont ensuite accélérés avec la création du marché commun, puis de l'Union européenne. La Suède a aujourd'hui quelque 450 filiales en France, alors que la France en a moins d'une centaine en Suède. En 1915, avait été créée la Chambre de commerce suédoise en France et, en 1919, la Chambre de commerce française en Suède.

Il est évident que ces implantations suédoises en France et françaises en Suède, ont créé de multiples liens. Beaucoup de Suédois travaillant en France se sont imprégnés de culture française au sens large. De même, beaucoup de Français travaillant en Suède ont apprécié le mode de vie des Suédois et la culture d'entreprise, caractérisée par un minimum de hiérarchie et de bureaucratie, l'ouverture d'esprit, la bonne circulation de l'information, la recherche du travail collectif, la simplicité des relations.

L'Association franco-suédoise pour la recherche (AFSR)

Les relations scientifiques franco-suédoises ont connu leur apogée au siècle des Lumières. La tradition se perpétue aujourd'hui avec la création, en 1967, à Stockholm, de l'Association franco-suédoise pour la recherche.
L'AFSR organise des échanges de chercheurs, des colloques sur des thèmes d'actualité et des voyages d'étude dans les deux pays. Voilà encore une institution qui a créé des liens entre les deux pays qui se sont accrus et développés et ont eu une importance considérable pour les relations scientifiques et techniques franco-suédoises.

Dans l'espace, Français et Suédois coopèrent depuis la fin des années 60. La France a participé à plusieurs des programmes de recherches sur des satellites et ballons lancés de la base d'Esrange en Laponie. Les deux pays sont associés dans les programmes SPOT d'observation de la Terre.

Les échanges d'étudiants

La multiplication des échanges commerciaux et culturels, l'entrée de la Suède dans l'Union européenne ont relancé l'usage du français, toujours en troisième position, après l'anglais et l'allemand. Aujourd'hui, toutes les universités suédoises et un certain nombre d'écoles, comme "Handels", la HEC suédoise, ont passé des accords d'échanges d'étudiants avec des universités françaises et des grandes écoles françaises. En fait, il y a plus d'étudiants suédois en France que français en Suède et c'est dommage, car il y a beaucoup à apprendre d'un séjour d'un semestre, d'un ou deux ans en Suède sur les méthodes pédagogiques et sur les rapports entre professeurs et étudiants, beaucoup plus détendues et stimulantes en Suède.

Il y a aujourd'hui quelque 15 000 résidents suédois en France dont la moitié en Ile-de-France. Toutes les professions sont représentées. Et il y a environ 3 500 Français en Suède.

Aller à la découverte de l'autre

Derrière la façade, il y a la réalité. Il faut aller vers les gens, leur parler, les écouter, les découvrir en faisant abstraction de toutes les idées reçues. Et on le fait plus facilement une fois que l'on connaît la richesse des relations franco-suédoises.La présidence suédoise de l'Union européenne (1er janvier - 30 juin 2001) a constitué un cadre favorable pour l'accroissement des relations entre nos deux pays. Jamais il n'y a eu autant de rencontres entre ministres et secrétaires d'Etat, hauts fonctionnaires et experts...Dans la construction de l'Union européenne, les deux nations ont beaucoup à s'apporter mutuellement. La Suède apporte sa tradition démocratique, la place qu'elle fait aux femmes notamment en politique, son expérience des compromis équilibrés, son respect des minorités. De son côté, la France apporte sa volonté de créer une communauté forte face aux Américains et aux Japonais, son expérience de 50 ans de construction de la "Maison Europe", son rayonnement culturel, une plus grande ouverture sur le monde.

Dans la presse française, on constate davantage d'articles sur la Suède, qui est mieux "suivie" qu'il y a quelques années. Elle apparaît de moins en moins comme un pays exotique. Les Français constatent que la Suède est confrontée aux mêmes problèmes que les autres et qu'elle ne s'en tire pas trop mal. Elle profite bien de la croissance, maîtrise son inflation, assimile plutôt mieux les immigrants que ses voisins du Sud. Un événement à noter, la création de la version suédoise du Monde Diplomatique, qui comprend des articles traduits et des papiers écrits sur place.

Les relations culturelles continuent de se développer. Le Centre culturel suédois à Paris déborde d'activités (expositions, concerts, soirées littéraires, théâtrales et cinéma). Un des premiers centres culturels étrangers à Paris, le CCS, a été créé en 1971. Les amis de la Suède, les curieux, sont de plus en plus nombreux à venir régulièrement aux manifestations du CCS. Le Centre est depuis plusieurs années bien intégré dans la vie culturelle française, puisqu'il participe à plusieurs manifestations nationales (printemps des poètes, fête de la musique, lire en fête, journées du patrimoine, festivals de films...).

Entre la Suède et la France, il s'agit de multiplier les échanges, les voyages d'études, les colloques. L'osmose entre le pragmatisme suédois et le rationalisme français pourrait déboucher sur de beaux projets européens, porteurs d'avenir. Nous avons beaucoup à nous apporter mutuellement.

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